Comment ils vont détruire l'école publique
Partant du principe que toute activité humaine doit être une source de profit, le système libéral américain ultra-conservateur au pouvoir depuis l’élection de Bush ne pouvait pas supporter que l’école y échappe. A la base, celle-ci n’est déjà pas un exemple de justice sociale puisque son financement public, complètement décentralisé, est assuré par une taxe locale sur les logements. Autant dire que les écoles des quartiers pauvres n’ont pas les mêmes moyens que celles des quartiers riches.
Mais l’équipe Bush a trouvé mieux que ça, dans le seul but d'éradiquer la notion de service public,. Il a suffi d’organiser de grandes campagnes médiatiques insistant sur la médiocrité de l’école pour que celle-ci soit obligée d’accepter que des tests de niveaux soient appliqués à tous les élèves afin de classer les écoles selon les résultats obtenus. L’objectif pédagogique est donc devenu, pour les enseignants et leurs dirigeants locaux, la réussite aux tests, ce qui réduit donc évidemment les apprentissages à l’acquisition de mécanismes et de règles sans autre forme de réflexion.
Quand une école a de mauvais résultats aux tests, elle a un délai de deux ans pour progresser, sinon on en donne la gestion, donc celle de ses fonds publics, à une société privée qui fait ce qu’elle veut pour améliorer les résultats de l’école aux tests. Les dirigeants se votent de bons salaires, virent quelques profs et font donc des tests de niveau leur seul objectif pédagogique. Autrement dit, on en revient aux bonnes vieilles méthodes de bourrage de crâne dans lesquels l’élève est ravalé au rang de perroquet, bien loin de l’idéal qui consisterait à en faire un citoyen doué d’esprit critique capable de choisir son bulletin de vote.
Or, que constate-t-on en France, sinon l’émergence progressive et la mise en avant de plus en plus ostensible des classements des établissements dans les médias français ? Ce qui peut donc laisser penser que la recette qui a marché là-bas pour fabriquer de bons bourrins bien disciplinés ne va pas tarder à s’appliquer chez nous.
On ne pourra pas dire qu’on ne l’a pas vu venir …