Après nous, le déluge ...

Publié le par ehim

J’ai regardé aujourd’hui, ébahi, un documentaire sur la 5, dans lequel on nous montrait le triste sort qui attend les 11 000 habitants de Tuvalu, archipel du Pacifique perdu entre la Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie, mais anglophone, ce qui ne laisse à ses habitants que la Nouvelle-Zélande, pays anglophone le plus proche à quelques milliers de kilomètres, pour espérer être accueillis comme réfugiés et survivre.

 

Ces braves gens, qui habitaient un paradis terrestre où la noix de coco et l’élevage de porcs suffisaient à leur auto-subsistance, ont découvert les bienfaits de la civilisation occidentale quand les Américains sont venus, pendant la Deuxième guerre mondiale, décaper leurs plages de tout le sable qu’elles contenaient pour construire une piste de décollage et d’atterrissage pour leurs bombardiers.

 

Aujourd’hui, l’archipel de Tuvalu est en train de sombrer dans l’océan. Ou, plus exactement, le réchauffement climatique provoqué par l’effet de serre est en train de faire monter le niveau des mers au point que l’archipel de Tuvalu est submergé chaque année de plus en plus. A l’horizon des adultes qui y vivent, la disparition du territoire est inéluctable, ce qui ne laisse envisager aucun espoir quelconque de survie pour leurs descendants.

 

Mais, le plus étonnant qu’on nous ait montré, ce sont des " experts " occidentaux - certainement rémunérés par des ONG, ou par des organismes internationaux (peut-être la Communauté européenne), on ne nous l’a pas dit - qui venaient passer quelques mois par an dans ces îles paradisiaques pour apprendre à ces Tuvalu-iens comment " ne pas émettre de gaz à effet de serre ". " Pour servir d’exemple au reste du monde", disent-ils ( les experts, pas les Tuvalu-iens ).

 

C’est-à-dire qu’on apprend aux Tuvaluiens à ne pas mettre la planète en danger, en leur apprenant à recycler le lisier de leurs porcs (comme nous, on ne le fait pas en Bretagne) et les déchets de leurs noix de coco. Parce qu’on veut leur faire paraître comme évident qu’en vivant comme ça, ils vont empêcher la mer de monter et de submerger leur territoire.

 

La question qu’on peut se poser, c’est à quel de niveau de cynisme les Occidentaux vont arriver avant de prendre conscience, soit qu’ils ont détruit de manière irréversible, pour satisfaire leurs objectifs de profit à courte vue, le monde dans lequel ils vivent, soit qu’ils peuvent susciter un sentiment de rejet tellement important de leur vision du monde qu’ils créeront, d’une manière ou d’une autre, les anti-corps qui vont les détruire.

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Douni 31/08/2007 20:31

C'est honteux -_-

Rico 30/08/2007 22:00

Est-ce le comble de la malchance : les îles Tuvalu ont hérité de l'extension internet... qui tue ! - la célèbre ".tv" -, particulièrement intéressante pour tous ceux qui veulent faire de la télévision.Je me souviens avoir lu que les habitants des Tuvalu en ont profité et se sont arrangés afin de récolter pas mal d'argent, utile pour la survie de ceux qui auront profité de cette manne.Mais logiquement, la disparition du territoire géographique devrait aussi entraîner celle, inédite, de la propriété intellectuelle sur le suffixe miracle .tv. Ce qui pourrait servir les intérêts des médias cités plus haut. Conclusion : pour se développer durablement, le monde de la télévision aurait intérêt à attendre la disparition complète des îles Tuvalu avant se mobiliser contre le réchauffement climatique. Moralité : la disparition des îles Tuvalu n'est pas et pourrait ne jamais être un sujet à mettre en avant dans l'actualité. Epitaphe : Tuvalu, ça eu valu, mais ça ne vaut plus.

catherine 26/08/2007 06:08

Les occidentaux sont des maîtres dans l'art du "faites c'que j'dis, faites pas c'que j'fais". Y'a quand même des coups de pied au cul qui se perdent :-((